Karaoke (tribute to Bob Dylan) (Interactive Art II)

Revisitation avantageuse du « Eja Mater » du Stabat Mater de Vivaldi

4' 49'', 22 avril 2013

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Le fondement même de la culture karaoké repose sur l’exhibition du moi anonyme à l’aide de jeux de simulation. Aujourd’hui les gens aspirent davantage à s’évader d’eux-mêmes qu’à découvrir leur moi profond. Le moi est devenu ennuyeux, et relève d’une autre culture. Les possibilités de transformation, téléportation et métamorphose sont bien plus prometteuses que l’exploration des méandres du moi. La culture du narcissisme s’est muée en culture karaoké. […] Il est heureux que Andy Warhol, l’inventeur du karaoké dans les arts visuels, ne soit plus de ce monde. Sinon il lui faudrait regarder en spectateur horrifié une boîte de soupe Campbell se préparant à l’avaler. […] Le rapport de forces, autrefois dominé par l’Auteur et l’Œuvre, a été renversé au profit du Destinataire.
Dubravka Ugresic, Karaoké culture, Galaade, 2012.

Aujourd'hui, c'est le temps du karaoké : on pille, on dit qu'on rend hommage, mais on
ne légitime rien. Moi, j'avoue que c'est grâce à Keith [Haring] que je dessine au trait.

Jean-Charles de Castelbajac, cité in « Le retour de la comète », Les Inrockuptibles, 17-23 avril 2013.